Je mange donc je suis

Je mange donc je suis

Mordre dans un sandwich se révèle être un acte infiniment plus complexe, plus signifiant que la simple mastication. Manger est un acte carrefour, à la croisée du biologique et du physiologique, de l’individu et de la société, de l’humain et de l’inhumain. C’est un acte qui renvoie chacun à sa propre histoire: toute personne qui, pour une raison ou une autre, tente de modifier son comportement alimentaire s’en rend compte rapidement: changer ses habitudes alimentaires, c’est entrer en conflit avec soi-même. Car manger est le lieu de toutes nos peurs et de toutes nos révoltes. Peurs fondamentales de se perdre soi-même, d’être envahi et transformé par l’autre, peur d’être le jouet de processus biologiques impossibles à maîtriser, peur ayant trait aux rapports que tout individu entretient avec la société dont il fait partie et qui font craindre tout à la fois d’être englobé, dévoré par le corps social et d’être rejeté par les autres, privé d’amour. Dans le même temps, la satisfaction de ses appétits donne accès à des jouissances exquises. Il y a tant de nourritures désirables, tentantes. Il y a tant de plaisirs inconnus à explorer. Comme il est dommage que notre richesse nous conduise à dégrader ces plaisirs sous l’effet de leur banalisation!
Sans aucun doute, manger est l’un des actes les plus essentiels de l’existence. Voilà pourquoi il est si important de savoir vivre pleinement, en toute conscience, cet acte fondamental qui nous révèle à nous mêmes autant qu’il révèle aux autres. En améliorant ses comportements alimentaires, c’est sa personne qu’on améliore.

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