Diabolisé, l’acide lactique serait la cause de tétanies d’effort et de douleurs du lendemain voire du surlendemain ; un point de vue qui n’est pas partagé par les spécialistes de physiologie de l’effort.
L’acide lactique n’est pas uniquement présent dans le lait, mais aussi, dans le vin, dans certains fruits et dans les muscles. L’acide lactique se transforme en lactate, forme alcaline de l’acide lactique : c’est un sel d’acide lactique. C’est aussi l’un des produits clé de la production d’énergie notamment dans les muscles.
L’acide lactique joue un rôle dans plusieurs processus biochimiques.
Les cellules musculaires peuvent produire de l’énergie à partir de la dégradation du glucose, en deux grandes étapes :
1. La glycolyse qui peut se dérouler en l’absence de dioxygène (O2). Cette étape aboutit à la production d’acide pyruvique qui alimente la seconde étape.
2. Le cycle de Krebs qui aboutit à la réduction du dioxygène en eau (H2O) et en dioxyde de carbone (CO2).
L’énergie libérée est récupérée par les cellules musculaires…
Selon l’intensité de l’effort, il y a deux cas :
- L’apport en oxygène est supérieur à la consommation de glucose, alors l’acide pyruvique est consommé au fur et à mesure de sa production et les ions H+ libérés se combinent à du dioxygène pour former de l’eau (H2O).
- La consommation de glucose est supérieure à l’apport en oxygène (efforts intenses) alors une partie de l’acide pyruvique (C3H4O3) produit est réduite en acide lactique. Et des ions H+ s’accumulent rendant le milieu acide.
Si l’effort intense se poursuit ou si l’intensité augmente, l’acide lactique et les ions H+ rendent le milieu trop acide pour que la contraction musculaire se poursuive. L’entraînement spécifique permet entre autres d’augmenter l’activité des enzymes impliqués dans l’utilisation du glucose et dans l’élimination de l’acide lactique.
Au cours de l’effort, la diminution des réserves musculaires de glycogène s’accompagne d’une augmentation proportionnelle de la production d’acide lactique.
Nous n’avons pas sur le terrain les moyens de vérifier la concentration d’acide lactique par voie directe (analyse sanguine). Nous spéculons donc sur la relation entre l’intensité de l’effort à partir d’autres indicateurs tels que :
- la fréquence cardiaque qui rend compte de l’intensité de d’effort à dominante aérobie.
- l’essoufflement qui rend compte d’une dette d’oxygène donc de production d’acide lactique.
Lorsque l’acide lactique diffuse dans le sang, il est transporté au foie qui le reconvertit en glucose A l’entraînement, ce phénomène peut être optimisé par une alternance d’étirements et de d’efforts de basse intensité avec hyperventilation (récupération active).
L’acide lactique serait, avec la déshydratation aigüe et l’épuisement des réserves de glycogène musculaire, l’une des causes majeures des crampes musculaires post-exercice Cependant, l’acide lactique disparaît totalement des muscles environ une heure après l’effort. Les courbatures du lendemain et du surlendemain ne peuvent pas lui être attribuées. L’acide lactique n’est pas un déchet métabolique. C’est un produit de la dégradation du glucose et une source d’énergie directement utilisable par certaines fibres musculaires, le cœur et d’autres cellules de l’organisme mieux oxygénées dont celles des muscles au repos relatif.
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